Racines des rouges gascons : entre tradition et oubli
Le Gers, cœur battant de l’ancienne Gascogne, fut longtemps une terre de raisins à distiller : la blancheur de l’ugni et du colombard y dominait, enfantant l’armagnac, roi des alcools de vin français. Dans cet univers de blanches eaux-de-vie, la place du vin rouge a paru modeste, presque marginale. Mais l’histoire est plus nuancée. Les archives du XVIII siècle témoignent de rouges gascons réputés pour leur rusticité et leur vigueur (BNIC, Histoire de l’Armagnac).
- Le vignoble du Gers a connu plusieurs bouleversements majeurs : crise du phylloxéra (fin XIX), mutation vers l’armagnac puis replantation en faveur des blancs au xx siècle.
- Les cépages rouges tels que le fer-servadou (appelé pinenc), la négrette, ou le tannat survivaient dans les enclos familiaux, souvent pour une consommation locale ou les kermesses du village.
Les rouges étaient les vins du peuple, de la table simple, alors que le commerce exportait plutôt les blancs ou les eaux-de-vie. Mais ces rouges savaient accompagner la garbure, les confits, les fêtes paysannes où l’on buvait “le vin du coin”, dense et épicé, souvent capiteux.