Le Gers, une terre d’expérimentations vivantes
Dans le coude discret de la Gascogne, aux confins de l’Armagnac et du bassin de l’Adour, se cachent des vignes qui connaissent aussi bien la brume des matins de février que les brûlures du vent d’autan en été. Ici, bien avant que l’expression de vin nature ne trouve refuge sur les lèvres citadines, certains vignerons pratiquaient déjà, sans le revendiquer, cet art du vin vivant, issu du terroir et d’une main attentive.
Le “vin nature”, parfois baptisé “sans intrants” ou “brut de cuve”, s’est progressivement invité dans les domaines du Gers, revendiquant une vinification sans artifices, sans maquillage industriel, sans le recours systématique à la chimie de synthèse. Mais l’appellation reste floue, sans cadre officiel institutionnel : ce sont avant tout des convictions, un parcours et une éthique qui dessinent les contours de ces vins singuliers.
En 2019, selon une enquête menée par l’Observatoire National des Vins Naturels (ONAV), le Sud-Ouest comptait environ 80 vignerons nature, dont une petite vingtaine dans le seul département du Gers (ONAV). Un chiffre modeste face aux centaines de domaines présents, mais qui révèle une vitalité discrète, concentrée sur l’expérimentation, la diversité des cépages autochtones, et une fidélité aux rythmes de la terre.