L’origine des blancs gascons : d’un passé méconnu à la lumière diffuse
Autrefois, le Gers n’était pas terre de monoculture viticole mais d’épicéas de parcelles, vignes entremêlées à l’avoine, à la luzerne. Dès le Moyen Âge, le vin y coule, discret ; le blanc d’alors, destiné à la consommation locale et au négoce fluvial, faisait figure de compagnon du quotidien. Cependant, peu de sources médiévales différencient la couleur du vin – le « clairet » dominait, intermédiaire saumoné qui devint un fleuron des exportations vers l’Angleterre (source : R. Dion, Histoire de la vigne et du vin en France).
Ce n’est qu’avec l’essor du commerce de l’Armagnac, à partir du XVI siècle, que le vin blanc s’impose dans le paysage viticole gascon – non pour lui-même, mais comme matière première à la distillation.
- 1559 : Première mention attestée d’une distillation à Eauze, cœur battant de l’Armagnac (source : BNIA).
- XVII siècle : Les cépages blancs prennent de l’ampleur : Ugni blanc, Colombard, Folle blanche.
- XVIII siècle : 70% du vignoble gersois est planté en cépages blancs, selon des archives locales (source : Archives départementales du Gers).
Le plant de vigne gersois devient résolument blanc. Mais la vraie nature de ces vins reste alors cachée sous le voile de l’alambic et des besoins du négoce.