Le vin nature, un terme récent sur un sol ancien
L’expression « vin nature » est jeune, officielle nulle part, viscérale partout où elle s’impose. Elle désigne des vins issus d’une culture la plus respectueuse possible de la vigne et de ses sols, sans intrants œnologiques, sans levurage, sans filtration poussée et – souvent, mais pas toujours – sans sulfites ajoutés, ou au minimum des doses très réduites. Le sulfite (SO2) lui, suit le vin depuis la Rome antique, où on brûlait du soufre dans les amphores pour éviter l’oxidation.
Dans le Gers, la mémoire collective associe le vin à la ruralité protectrice, mais aussi aux grands stress de la vigne et du chai. Historiquement, la production de vin, qu’il soit destiné à la table ou à la distillation (armagnac), s’accompagne de gestes pour protéger ce fragile équilibre : chaptalisation, collage, usage modéré – ou moins modéré – du soufre, en particulier dans les caves coopératives à partir des années 1950-1960.
Petite frise du soufre dans l’Histoire viticole gersoise
- Avant 1900 : Vins souvent consommateurs sur place, peu ou pas sulfités, mais très vulnérables à l’altération. Le vin voyage peu.
- 1950–1970 : Le développement des coopératives, la recherche de stabilité chimique et la modernisation de la vinification entraînent une utilisation plus systématique du SO2.
- Depuis 2000 : Prise de conscience écologique, demandée par une nouvelle génération de vignerons, favorisant des pratiques bordant la naturalité, voire le refus du soufre ajouté (données FranceAgriMer, FranceAgriMer, 2023).