Petites histoires du monocépage dans le Gers
Boire un rouge du Gers en monocépage, c’est lire aussi une page du vignoble gascon. Longtemps, la région a privilégié les vins d’assemblage, par nécessité autant qu’histoire. Le Tannat, star du Madiran, a longtemps été un cépage de coupage avant de s’affirmer, dès les années 1970, dans certains domaines. On raconte que les vendanges de la plaine de l’Adour imposaient jadis de longues attentes : les premiers Tannats étaient bus racés, brutaux, presque fermiers – un « vin du dimanche et des porteurs d’eau », disent de vieux vignerons de Riscle.
Le Merlot, lui, s’est implanté plus tard, profitant du réchauffement climatique pour atteindre de jolis degrés de maturité. Des caves coopératives d’Eauze aux domaines familiaux de Montréal, son adoption massive date des années 1980. C’est le cépage « charmeur », qui a démocratisé les rouges de la région.
Le Pinenc, marginalisé par l’attrait des « stars » internationales, connaît une forme de renaissance. Des vignerons comme Philippe Fezas à Château de Gayon ou plus récemment le Domaine de Polignac signent de jolies cuvées entièrement dédiées à ce cépage vif, croquant, tellurique.
Quant au Cabernet Franc, on le disait capricieux et mal adapté au Gers. Pourtant, de plus en plus de domaines bio ou à taille humaine lui donnent de nouvelles lettres de noblesse, comme au Domaine du Pech ou à la Cave de Plaimont, qui explorent ses expressions naturelles et peu boisées.