Origines, filiations et parentés paysannes
Le Gros Manseng, que l’on retrouve uniquement dans le Sud-Ouest de la France, tire son nom de la contraction de l’ancien mot « mancer » (“manger”), allusion à la générosité de sa chair (source : Ampélographie pratique, P. Viala & V. Vermorel, 1901). Son berceau historique s’inscrit sur les terrasses alluviales, à la frontière du Béarn et de la Gascogne, mais c’est bien dans le Gers qu’il a pris ses aises, retrouvant là un sol graveleux, acide ou argilo-calcaire, propice à cette vigueur maîtrisée qu’il exige.
Il partage son ascendance avec le Petit Manseng, mais s’en distingue par plusieurs caractères ampelographiques clairs :
- Des grappes plus grosses et plus lâches
- Une maturité légèrement plus précoce
- Un potentiel de rendement plus élevé (jusqu’à 60 hl/ha, sous les meilleures conditions)
Dans les années 1970, le département du Gers comptait moins de 600 hectares de Gros Manseng ; aujourd’hui, ce chiffre avoisine les 4 000 hectares selon FranceAgriMer (2023), ce qui en fait le deuxième cépage blanc cultivé dans le Gers, juste derrière le Colombard. Sa présence massive dans les AOC Côtes de Gascogne, mais aussi en IGP et en Floc de Gascogne, marque l’importance retrouvée de ce cépage structurant.