Les pionniers incontournables du vin nature dans le Gers
Domaine de la Chênaie (Boudou, près de Montréal-du-Gers) : le souffle d’avant-garde
Olivier Labrié, vigneron arrivé presque par hasard, a vite défrayé la chronique locale. Dès 1999, sa cuve de tannat sans soufre ajouté, campée au milieu d’une grange rafistolée, bouleverse les codes. Son crédo ? Faire confiance à la matière première, accepter la part de risque. Élevages sous bois ancien, vendanges en caissettes, macérations courtes et mise en bouteille sans correction : les blancs et rouges de la Chênaie fascinent par leur éclat vivant et leur résistance au temps. Ils obtiennent dès 2006 une reconnaissance nationale avec une première présence au Salon des Vins Libres de Paris.
- Démarrage in 1999, premières cuvées tirées à moins de 3000 bouteilles, toutes vendues sur allocation.
- Le premier vigneron 100 % nature revendiqué du Gers, reconnu en dehors de la région.
Le domaine d’Embidoure (L’Oratoire, côté bassin de la Douze) : la tradition revisitée
L’héritage familial est ici une force tranquille. Laurent et Sylvie Tiné, à la tête du domaine depuis 2002, font le choix, dès leur installation, d’un passage radical : conversion bio, abandon progressif du soufre et des levures du commerce, refus du collage. Si leur grand-mère éraflait à la main, eux pratiquent la vendange entière sur leurs plus vieilles vignes de colombard et tannat. Le résultat ? Des blancs énergiques, à la liberté aromatique déconcertante, des rouges intraitables mais sincères qui poussent les dégustateurs à la patience.
- Production en 2023 : 22 000 bouteilles dont 14 000 sans sulfites ajoutés.
- Présence sur les cartes de bistrots “nature” à Toulouse, Paris et Berlin, une première pour le Gers.
Domaine de Pellehaut : la transition progressive
La famille Béraut ne s’est pas proclamée nature du jour au lendemain. Longtemps pilier d’une production traditionnelle (principalement Flocs et armagnacs), le domaine opère un virage dès 2010 sous l’impulsion de l’un des frères, Martin, fasciné par les essais libres chez ses voisins et amis. Aujourd'hui, une gamme confidentielle et non revendiquée officiellement est produite “façon nature” sur quelques hectares, et s’écoule essentiellement localement.
- Environ 9 hectares en culture biologique ou en conversion (source : site du domaine).
- Participation à des salons spécialisés “Sous les pavés la vigne” ou “Biotop Sud-Ouest”, attestant de leur engagement naissant.