Comprendre le vin doux et moelleux du Gers : une diversité à protéger
Les vins moelleux gascons sont des êtres complexes : un équilibre fragile entre sucre résiduel, vivacité, et la patine des années. On y retrouve le cépage petit manseng (surtout sur les terres proches des Pyrénées, Sud-Ouest), le gros manseng, parfois le colombard, l’ugni blanc ou même des grappes de petit courbu. Ces assemblages, ces choix de vendange parfois en surmaturité, font des nectars à 45-120 grammes de sucre par litre pour les moelleux et davantage encore pour certains liquoreux. Leur concentration en sucres, acides et arômes en fait à la fois un élixir résistant à certains outrages – mais non à tous.
Les chiffres sont là pour le rappeler : un vin contenant au moins 45g/l de sucre est classé moelleux (source Interprofession des Vins du Sud-Ouest), mais au-delà de 80g/l, on parle volontiers de liquoreux. Or, c’est cette abondance de sucre qui, paradoxalement, demande une vigilance particulière lors de la conservation. De tous les vins, ils sont ceux qui se transforment le plus radicalement avec le temps – pour le meilleur ou le pire.