Le Baco noir, naissance d’un cépage entre science et survie
Le Baco noir évoque une époque de colère, d’urgence agricole et d’invention. Son nom porte la marque de sa mission : sauver la vigne française de la ruine, à la fin du XIX siècle, quand le phylloxéra grignotait la France feuille à feuille, pied à pied. François Baco, instituteur landais et modeste botaniste, croisa le Folle blanche, cépage autochtone, et un vitis riparia américain, pour donner naissance à un hybride : le Baco 1 — Baco noir.
Cépage hybride franco-américain, le Baco noir s’est d’abord distingué par sa résistance : au phylloxéra, bien sûr, mais aussi à l’humidité et aux maladies du bois, omniprésentes sur les terres atlantiques et argilo-siliceuses du Gers. Dans les décennies qui suivirent, il accompagna l’histoire du département, s’inscrivant dans le paysage comme dans le verre. Au faîte de sa gloire, au milieu du XX siècle, on le retrouve sur plus de 10 000 hectares dans le Gers et les départements voisins, souvent destiné à la distillation d’Armagnac mais parfois vinifié en vins de table puissants.