Le vin blanc du Gers : mémoire, modernité, et transmission
Le blanc gascon n’est pas qu’une mode ni un effet de gamme poussé par la finance agroalimentaire. Il est — depuis le Moyen Âge — la colonne vertébrale de la culture viticole d’ici. Au XVIe siècle déjà, sous l’impulsion des négociants hollandais, les vins blancs issus de Colombard et d’Ugni blanc partaient, via Bordeaux, vers le nord de l’Europe, souvent distillés en brandy ou base d’Armagnac (source : INAO). Il fallut attendre la fin du XXe siècle pour que la vinification en sec, puis en moelleux, s’impose à grande échelle – avec l’Institut coopératif du vin de Condom en chef de file.
Aujourd’hui, le blanc du Gers connaît un renouveau, porté par une jeune génération de vignerons, de plus en plus attentive à l’environnement, à l’expression pure du fruit, à la limitation des intrants. Plus de 8 000 hectares sont désormais dédiés aux vins blancs en Côtes de Gascogne – pour moitié en exportation.
Cette histoire d’alliances et d’ouverture explique la dualité des blancs gascons : transmettre, réinventer, toujours rester fidèle à une terre, à une clarté, à l’idée simple d’un vin de climat, d’air et de patience. Boire un blanc du Gers, c’est boire un peu du soleil graveleux d’août, de la brise de septembre, de la poussière dorée qui plane sur les vendanges. Un instant de poésie quotidienne à portée de main.