Innovation et retour de l’histoire : la dynamique contemporaine
Si la tradition de l’assemblage est solidement ancrée, elle n’écarte pas pour autant la créativité des domaines les plus audacieux. Depuis vingt ans, on assiste dans le Gers à un retour des cépages oubliés : Baroque, Arrufiac, Loin de l’Œil. Ces variétés rares, souvent plantées en microparcelles, sont réintroduites à l’initiative de coopératives comme Plaimont ou d’indépendants en quête de différence.
Grâce à la souplesse du système IGP, chaque vigneron peut explorer ses propres alchimies, sans carcan rigide. En 2022, 62 % des cuvées en Côtes de Gascogne étaient des assemblages de trois cépages ou plus (source : IVSO), et certains domaines poussent même jusqu’à quatre ou cinq, pour renouer avec le patchwork paysan d’autrefois.
Le renouveau est aussi technique : macérations à basse température pour préserver les arômes volatils, pressurages fractionnés, élevages sur lies. Le “vin de négoce” traditionnel a cédé la place à des cuvées de terroir, patientes, à la micro-oxygénation maîtrisée, célébrées par une génération de winemakers formée à Toulouse, Bordeaux ou à l’étranger.